Le nouveau pouvoir du CLO attendu impatiemment en Acadie
Le président de la Société nationale de l'Acadie, Martin Théberge, attend avec impatience que le commissaire aux langues officielles du Canada reçoive le nouveau pouvoir prévu depuis la modernisation de la Loi sur les langues officielles, en 2023. Martin Théberge, président de la Société nationale de l’Acadie. Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle Cette loi accorde au commissaire le pouvoir d'imposer des sanctions administratives financières en dernier recours à la suite de plaintes pour manquements aux obligations linguistiques. Toutefois, le règlement et le décret nécessaires pour l'entrée en vigueur de ce pouvoir ne sont pas encore adoptés. Le commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge, attend lui aussi de disposer de ce nouvel outil. Le rapport annuel 2024-2025 fait état d'un total de 1163 plaintes recevables, dont 12 en provenance de l’Île-du-Prince-Édouard, 16 de Terre-Neuve-et-Labrador, 33 de la Nouvelle-Écosse et 52 du Nouveau-Brunswick. Le commissaire aux langues officielles du Canada, Raymond Théberge. Photo : Radio-Canada / Félix Pilon Jusqu'à 766 plaintes parmi les 1163 portent sur les communications avec le public et sur la prestation des services. Je pourrais, je le dis comme ça, déposer une plainte aux langues officielles chaque fois que je prends l’avion. Martin Théberge remet en question l’utilité de porter plainte en l’absence de sanctions. Michel Doucet, professeur émérite de droit et expert en droits linguistiques, reconnaît en entrevue qu'il est Le juriste Michel Doucet. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano Il conseille aux collectivités acadiennes de continuer à porter plainte au besoin. Le bureau du ministre responsable des langues officielles du Canada, Steven Guilbeault, n’a pas répondu à une demande d’entrevue à ce sujet.
Donc, on est dans une grande période d’attente
, a déploré Martin Théberge durant une entrevue accordée jeudi à l’émission La matinale, d’ICI Acadie.Je pense que ce régime de sanctions pourrait représenter un moyen rapide et efficace d’amener les entités désignées à mieux se conformer à leurs obligations en vertu de la loi
, souligne Raymond Théberge dans son rapport annuel 2024-2025, publié cette semaine.Plus d’une centaine de plaintes en Atlantique
Plaintes recevables au Commissariat aux langues officielles du Canada
Régions 2015-2016 2016-2017 2017-2018 2018-2019 2019-2020 2020-2021 2021-2022 2022-2023 2023-2024 2024-2025 T.-N.-L. 14 28 16 24 32 11 22 14 11 16 Î.-P.-É. 2 5 2 7 4 4 7 7 1 12 N.-É. 16 10 20 22 60 11 17 21 8 33 N.-B. 41 87 51 65 62 47 40 78 31 52 Total Canada 725 1018 894 1087 1361 1870 5409 1788 847 1163 Les 1163 plaintes recevables qui ont été déposées au Commissariat en 2024-2025 démontrent d’ailleurs que les problèmes de conformité persistent et que le besoin de mettre pleinement en œuvre la loi est bien réel
, peut-on lire dans le rapport du commissaire Raymond Théberge.
Je fais une plainte et ça donne quoi? Puis, je reçois le [courriel] qui me dit : "Votre plainte est recevable et on a dit à Air Canada, ou peu importe [à qui], de régler la situation." [...] C’est là où on est et c’est pour ça qu’on a besoin de ces sanctions
, ajoute Martin Théberge.Porter plainte demeure essentiel, selon un expert
frustrant de voir la lenteur avec laquelle on met en œuvre cette réglementation-là
.Le gouvernement devrait s’empresser, certainement, à adopter la réglementation nécessaire pour assurer une véritable mise en œuvre des dispositions qui étaient prévues dans la Loi sur les langues officielles
, poursuit Michel Doucet.
Je crois que le processus des plaintes, en étant tout à fait imparfait, demeure un outil essentiel qu’il ne faut pas délaisser de la part des communautés. Sinon, on risque de se retrouver avec des gens qui vont croire que tout va bien dans le meilleur des mondes, alors que ce n’est pas le cas
, conclut Michel Doucet.
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